Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Annie Perreault quitte le milieu hospitalier pour réaliser son rêve

Émission du 24 février 2011

Le centre C.A.R.M.E.N. à Gatineau a accueilli depuis 2004 des centaines de malades et leurs familles. Ce centre, c’est l’initiative d’une seule femme, une femme de conviction : Annie Perreault.

La réalisation d’un rêve

Annie Perreault rêvait depuis plusieurs années de mettre sur pied un centre pour accompagner les gens malades, dans un cadre chaleureux et humain, différent des hôpitaux. Grâce à ses efforts et à son engagement, son rêve est maintenant devenu réalité.

«Créer le centre C.A.R.M.E.N., pour moi, ça a été une façon de vraiment devenir l’infirmière que je voulais être», raconte-t-elle. Autrefois infirmière dans une unité de chirurgie, elle se souvient que son travail exigeait d’elle beaucoup de compétences en organisation et en gestion, mais qu’elle n’avait pas vraiment le temps d’accompagner les patients dans leurs souffrances.

Désireuse de comprendre davantage la nature de cette souffrance, tout particulièrement celle des femmes atteintes de cancer du sein, elle est retournée sur les bancs d’école où elle a suivi une nouvelle formation universitaire afin de parfaire ses connaissances.

Un complément au réseau de la santé

De retour sur le terrain, Annie Perreault a entrepris la colossale tâche de fonder le centre C.A.R.M.E.N., qu’elle voit comme un complément au réseau de la santé. «C’est un complément parce qu’on ajoute des services de soutien psychologique et des approches complémentaires.» Pour elle, la médecine traditionnelle est très utile pour soigner les patients, mais les approches alternatives permettent d’aider les patients à se ressourcer intérieurement, aux niveaux émotif, psychologique et spirituel. «Ça prend aussi des approches simplement pour t’envelopper et te dire “Ça va aller”. Et moi, je trouve que le fait d’être touché par quelqu’un, quand tu es isolé longtemps par la maladie, ça fait du bien.»

Pour Annie Perreault, le centre C.A.R.M.E.N. n’est pas du tout en compétition avec le réseau de la santé. Au contraire, elle se dit très consciente de la réalité de ses ex-collègues du réseau de la santé et salue le travail colossal qu’ils accomplissent au quotidien. «Je le dis toujours sur toutes les tribunes, précise-t-elle. Je n’ai que des éloges à faire aux professionnels du réseau de la santé, mais je pense qu’on peut se permettre ici de prendre plus notre temps pour accompagner les gens à leur rythme.»

Des services gratuits

En plus d’être entourée d’une équipe professionnelle et compétente, Annie Perreault s’était fixé un objectif primordial : la gratuité. «Pour moi, c’était une condition sine qua non. Si j’offrais quelque chose de différent, il fallait que ce soit gratuit.»

Pour atteindre cet objectif, son équipe a mis sur pied une activité annuelle des plus originales : un festival de bateaux-dragons. Moteur du financement des activités du centre C.A.R.M.E.N., l’activité leur a permis de récolter 137 000 $ l’an dernier, soit près de la moitié du budget annuel du centre.

Trois axes de service

Le centre C.A.R.M.E.N. reçoit une clientèle composée à 40 % de patients atteints de maladies chroniques ou dégénératives, plus de 50 % de personnes cancéreuses et 10 % d’aidants naturels.

Les services offerts sont divisés en trois axes principaux :
– des soins infirmiers, notamment pour accueillir les gens et faire une évaluation des besoins;
– des ateliers de groupe qui proposent des activités d’art-thérapie et de psychothérapie;
– des services de massothérapie.

Infirmière de l’âme

L’un des objectifs principaux du centre C.A.R.M.E.N. est d’aider les personnes malades et les aidants naturels à retrouver une confiance en soi qu’ils ont souvent perdue. «Avec la maladie, les gens perdent confiance en leurs propres moyens de prendre soin d’eux, soutient Annie Perreault. Et nous, ce qu’on essaie de faire en les appuyant, c’est de créer une ouverture dans leur cœur et leur esprit pour qu’ils puissent dire qu’ils sont capables de prendre soin d’eux-mêmes. On essaie de les outiller pour ça.»

Souvent gênés ou inquiets d’accabler leurs proches avec leurs souffrances, les patients et les aidants naturels reçus au centre C.A.R.M.E.N. ont aussi la possibilité d’échanger avec des personnes qui vivent des expériences similaires. Il s’agit souvent pour eux d’un espace salvateur et rassurant.

Se décrivant avant tout comme une «infirmière de l’âme», Annie Perreault soutient qu’elle puise souvent sa motivation dans la satisfaction des patients qui repartent plus sereins à la fin d’une journée.

Pour en saavoir plus

Pour en savoir plus sur le centre C.A.R.M.E.N. ou pour faire un don à la Fondation C.A.R.M.E.N.
http://www.centrecarmen.ca/