Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

La télémédecine

Émission du 3 mars 2011

«Est-ce que les nouvelles technologies de l’information nous permettent de consulter un médecin et d’avoir un suivi médical dans le confort de notre foyer?»

Expert invité : Guy Paré, Chaire de recherche en technologie de l'information en santé, HEC Montréal

Quelques exemples de télémédecine

Depuis quelques années, il est possible de consulter un médecin en ligne dans certains pays comme les États-Unis, la France et la Suisse. À l’heure actuelle, les Québécois n’ont pas accès à un tel service. Par contre, d’autres formes de télémédecine, aussi appelée «télésanté», sont accessibles aux patients de certaines régions du Québec.

Chercheur à la Chaire de recherche en technologie de l’information en santé aux HEC Montréal, Guy Paré considère que la télémédecine est particulièrement utile aux populations vivant en régions éloignées.

Par exemple, dans la petite communauté algonquienne de Winneway au Témiscamingue, les patients ont la possibilité de consulter à distance un médecin localisé à Ville-Marie, à 100 kilomètres de là, via un réseau de télécommunication sécurisé. «Dans cet exemple, explique Guy Paré, le patient n’est pas dans le confort de son foyer, mais n’a qu’à se déplacer au centre de santé de sa localité et n’a pas à parcourir des centaines de kilomètres pour avoir accès à l’expertise médicale.»

Dans d’autres régions, comme celle de Sherbrooke, la télémédecine permet aux patients d’avoir accès non pas à des médecins, mais à des infirmières spécialisées, par exemple en soins de plaies, afin de recevoir à distance un diagnostic éclairé sur une blessure ou un problème médical.

La télésurveillance à domicile

Outre les consultations de médecins ou d’infirmières à distance, il existe d’autres formes de télémédecine, notamment la télésurveillance à domicile. Directrice des soins infirmiers au CSSS Jardins-Roussillon, Lucie Moisan définit cette approche de la manière suivante : «C’est essentiellement un système qui permet un partage d’informations cliniques entre un patient à domicile et un professionnel qui surveille les données, qui fait les analyses et qui intervient au besoin selon les données qui lui sont transmises. C’est aussi un système qui permet de faire de l’enseignement au patient sur sa maladie, sur ses symptômes et sur les interventions qu’il peut faire de lui-même à la maison pour éviter le recours à l’hospitalisation ou à l’urgence.»

La transmission des données médicales du patient peut se faire de deux manières différentes : par une console téléphonique ou par Internet.

Au CSSS Jardins-Roussillon, le programme de télésurveillance à domicile fonctionne depuis 2000. «Il est venu du constat qu’on avait des patients qui revenaient régulièrement en hospitalisation ou à l’urgence pour des maladies chroniques qui décompensaient régulièrement», explique Lucie Moisan. C’est pourquoi le programme cible avant tout ces maladies : hypertension, insuffisance cardiaque, maladies pulmonaires obstructives chroniques. Le programme permet aussi de faire un suivi des grossesses à risque et des patients en soins palliatifs.

Le fonctionnement du système est somme toute assez simple. Le patient transmet à l’équipe médicale des données cliniques comme la pression artérielle, le pouls, le taux de sucre dans le sang, le poids, ainsi que des données plus subjectives, comme les symptômes notés par le patient lui-même. Dès qu’un membre de l’équipe médicale note une alarme ou une donnée inquiétante, il intervient en appelant directement le patient ou en prenant les mesures nécessaires.

La question de la sécurité

Si certains peuvent s’inquiéter du niveau de sécurité entourant la transmission de ces données médicales et confidentielles, Guy Paré se veut rassurant : «Au Québec, on a un réseau de télécommunication qui est hautement sécurisé où les données qui transitent sur ce réseau sont encryptées. Alors, il n’y a aucun problème de confidentialité associé à la transmission de ces données-là.»

Les résultats

Parmi les nombreux bénéfices associés à la télésurveillance à domicile, Guy Paré cite notamment le suivi quotidien et l’augmentation de la qualité de vie des patients. Le système apporte aussi plusieurs bénéfices pour le réseau de la santé lui-même, puisqu’il permet de réduire les retours en salle d’urgence à l’hôpital. Cette réduction est d’une importance névralgique, quand on pense que 70 % des visites à l’urgence sont effectuées par des patients atteints de maladies chroniques.

L’avenir de la télémédecine

«La télésanté est vouée à un avenir prometteur, soutient Guy Paré, d’abord parce que les technologies de l’information permettent de combler le manque ou l’écart entre la demande pour les soins de santé associés notamment aux changements sociodémographiques, donc le vieillissement de la population et, de l’autre côté, la pénurie sévère de professionnels de la santé, notamment des médecins et des infirmières.» Ajoutant que les coûts liés à ces technologies diminuent d’année en année, Guy Paré prédit que la télémédecine et la télésanté sont appelées à se développer non seulement ici au Québec, mais partout ailleurs dans le monde.

D’autres exemples de télémédecine à Montréal

- L’hôpital Sainte-Justine a mis sur pied un programme pour le suivi des enfants atteints de fibrose kystique.
- L’hôpital Maisonneuve-Rosemont utilise la télémédecine pour suivre les patients aux prises avec des problèmes pulmonaires.