Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Les antidépresseurs remis en question

Émission du 3 mars 2011

En 2010, 13 millions d’ordonnances d’antidépresseurs ont été remplies au Québec. Il s’agit d’une hausse vraiment considérable qui permet d’estimer qu’environ 1 million de Québécois consomment des antidépresseurs chaque année.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les antidépresseurs ne sont pas seulement prescrits dans des cas de dépression. Ils sont aussi prescrits pour d’autres maladies mentales, mais aussi dans certains cas de douleurs chroniques et autres problèmes médicaux. Par contre, il n’en demeure pas moins que dans la majorité des cas, les antidépresseurs sont utilisés pour traiter la dépression.

Des études récentes suggèrent toutefois que dans les cas de dépression légère et modérée, les antidépresseurs pourraient s’avérer inutiles. En janvier 2010, un article du Journal of American Medical Association (JAMA) soutenait qu’il y a un lien très clair entre la sévérité de la dépression et l’utilité des antidépresseurs. Autrement dit, les gens qui sont en dépression profonde bénéficient énormément de la prise d’antidépresseurs tandis que les patients souffrant de dépression légère à modérée en bénéficient beaucoup moins, pas plus que s’ils prenaient un placebo.

Une position controversée

Ces conclusions du JAMA ne font toutefois pas l’unanimité dans la communauté médicale. Certains les trouvent trop radicales et soutiennent qu’il faut avant tout étudier ce problème au cas par cas.

Il ne fait pas oublier que les antidépresseurs sont des médicaments coûteux qui peuvent entraîner des effets secondaires non négligeables. Toutefois, les patients qui prennent des antidépresseurs et considèrent qu’ils pourraient probablement s’en passer ne devraient pas arrêter sans en discuter au préalable avec leur médecin.

D’autres avenues

Les antidépresseurs ne sont pourtant pas les seules avenues thérapeutiques pour traiter la dépression. Des solutions alternatives comme les oméga-3 et le millepertuis donnent des résultats encourageants. La psychothérapie devrait aussi être davantage considérée, même si les médecins n’en font pas ou peu et que les patients sont souvent charmés par l’idée de la pilule miracle.