Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Carl Lacharité, une passion pour les familles

Émission du 17 mars 2011

Psychologue et chercheur, Carl Lacharité est l’un des fondateurs de la Maison de la famille de Trois-Rivières, l’une des premières du genre, fondée il y a une vingtaine d’années. Chaque année, la maison reçoit entre 600 et 1 000 familles qui y trouvent de l’aide pour traverser les petites et les grandes épreuves de la vie.

Pour Carl Lacharité, la famille est une intarissable source d’intérêt et de motivation. «Je m’intéresse beaucoup à l’action communautaire auprès des familles, dit-il. Je m’intéresse également beaucoup aux premiers moments de la formation d’une famille, donc toute la période prénatale et périnatale, là où les parents apprennent à prendre soin d’un jeune enfant.» Parmi tous les sujets qui le passionnent, un prend davantage le dessus : les pères et leurs rôles au sein des familles.

Des échanges fructueux

À la Maison de la famille, à Trois-Rivières, des parents viennent régulièrement chercher de l’aide ou obtenir de l’information sur différents thèmes reliés aux défis de la parentalité. Carl Lacharité considère toutefois que la relation d’aide va dans les deux sens, puisque toutes les familles qui gravitent autour de la Maison de la famille contribuent à construire une «intelligence collective» à propos des rôles et de l’expérience de la vie familiale.

L’importance des pères

Si la Maison de la famille rejoignait jadis davantage les mères, Carl Lacharité est très heureux de voir que beaucoup de pères participent maintenant aux diverses activités. Il s’agit pour lui d’un changement majeur, d’autant plus qu’il s’intéresse de près au rôle du père dans la vie familiale : «Je me suis mis à m’intéresser au rôle qu’un père peut avoir dans le développement de son enfant. Et après je me suis mis à m’intéresser à comment on traite les pères. Comment on les écoute.»

«Et là, j’ai bifurqué un peu, poursuit-il avec un sourire, pour non plus porter attention à la fonction du père dans le développement, mais à la fonction de l’enfant dans le développement de l’homme.»

Peu de soutien pour les hommes

De manière générale, Carl Lacharité considère que contrairement aux mères, les hommes reçoivent très peu d’aide et de soutien dans leur rôle de père : «Vivre un rôle de père, c’est beaucoup s’insérer dans un univers qui est encore aujourd’hui principalement féminin. Ce sont des femmes autour de l’enfant qui vont s’y intéresser. Ce sont des intervenantes principalement féminines qu’on retrouve en santé, en éducation.»

«Pour la plupart des hommes, leur principale figure de soutien, c’est leur conjointe. Quand la relation conjugale va bien, ça va. Mais quand ça commence à battre de l’aile, souvent les hommes vont se retrouver sans soutien, sans aide, pour exercer leur rôle et assumer leurs responsabilités paternelles.» À son avis, ce manque de support explique en partie pourquoi certains pères en viennent à prendre des décisions ou à poser certains gestes bizarres, parce qu’isolés, ils n’ont pas nécessairement cette possibilité de prendre du recul et de recevoir le soutien dont ils ont besoin.

«On n’a pas chez les hommes une culture masculine de la parentalité comme il existe chez les femmes une culture féminine de la maternité.» Carl Lacharité croit que c’est la raison pour laquelle, en cas de rupture familiale, les femmes ne perdent généralement pas leur architecture de soutien, contrairement aux hommes.

L’importance de l’engagement paternel précoce

Pour que les hommes puissent s’épanouir et s’enraciner pleinement dans leur rôle de père, Carl Lacharité plaide pour qu’on leur donne la chance de s’impliquer très tôt, au cours de la gestation ou dans les tout premiers mois de la vie de l’enfant. «Les recherches à ce sujet sont assez claires. Lorsque le père a l’occasion de s’engager précocement, au moment où l’enfant est en gestation dans le ventre de sa mère ou dans les premiers mois de la vie de l’enfant, la grande majorité des pères vont souhaiter poursuivre cet engagement.»

Carl Lacharité insiste aussi sur le fait que pour les hommes qui se désengagent, il est très important de ne pas penser qu’ils ne veulent plus s’engager, mais qu’il y a peut-être des obstacles à leur engagement. «Lorsque le père n’est plus présent ou ne manifeste plus sa présence, on va l’oublier tellement facilement. Et ça, c’est la cible sur laquelle on travaille actuellement.»

De manière concrète, la Maison de la famille tente de rassembler les énergies des différents intervenants des réseaux scolaires, communautaires et sociaux pour remettre les pères au centre de l’activité familiale. «Jamais on ne va oublier que certains hommes sont des pères, qu’ils ont des enfants, et que quand j’interviens avec une mère, qu’il y a toujours quelque part un ou plusieurs hommes qui sont en lien avec ces enfants-là, et qu’il y a un coût à mettre de côté cette personne-là dans la vie de l’enfant.»

Ressources

Maison des familles Chemin du Roi

385, Côte Richelieu
Trois-Rivières, QC, G9A 2Y9 Canada
819-693-7665
http://www.mfcdr.org/