Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Coup de chaleur

Émission du 24 mars 2011

«En 2003, la France a connu une vague de chaleur terrible. Bilan : 15 000 morts. Est-ce que les canicules, de plus en plus fréquentes chez nous, deviennent une menace pour notre santé?»

Expert invité : Dr Pierre Gosselin, médecin conseil, Institut national de santé publique du Québec

Zoom sur les canicules

C’est un fait et non pas une simple impression : les canicules augmentent en fréquence et en intensité. Le phénomène s’observe un peu partout dans le monde, y compris au Québec. Les spécialistes prévoient d’ailleurs que la fréquence et la sévérité des canicules devraient doubler d’ici 20 à 30 ans. Pour le Dr Pierre Gosselin, il est clair que ces périodes de grande chaleur représentent une véritable menace pour la santé publique et risquent fort d’entraîner de nombreux décès dans les prochaines années.

Mais de quoi s’agit-il exactement? «Quand on a une canicule, explique le Dr Gosselin, c’est ce que les météorologues appellent un anticyclone. C’est une masse d’air très stable, qui ne bouge pas, où il fait soleil.» Précisant qu’il s’agit là des mêmes conditions propices à la formation du smog (absence de vent combinée à une forte présence de gaz de combustion automobile et de soleil), le Dr Gosselin souligne que dans une telle situation, tout le monde peut être touché par le smog ou la chaleur. «Pas besoin d’atteindre les 32 ou 33 degrés, précise-t-il, déjà on voit des excès de mortalité qui commencent vers les 27 ou 28 degrés le jour et au-dessus de 20 degrés la nuit.»

Les effets des canicules sur la santé

Le smog et la chaleur entraînent une série d’effets sur la santé humaine, notamment une hausse des maladies cardiovasculaires. Les personnes âgées souffrant d’insuffisance cardiaque figurent parmi les personnes les plus à risque de décéder au cours d’une canicule. «Ce ne sont pas des gens qui mourraient de toute façon, nuance le Dr Gosselin, ce sont des gens qui auraient souvent de bonnes années de vie devant eux, mais qui, à cause de deux ou trois journées trop chaudes, peuvent en mourir.»

Le smog menace quant à lui un plus large éventail de personnes, tout spécialement les asthmatiques, mais aussi les gens qui souffrent de problèmes neurologiques et psychiatriques.

De nombreux travailleurs extérieurs sont aussi menacés par les épisodes de canicule, notamment ceux qui débutent dans un nouvel emploi et qui se donnent à fond. Quand il fait très chaud, ils risquent de se déshydrater rapidement. «Leur corps n’est pas adapté, explique le Dr Gosselin, et en se déshydratant, ils font un coup de chaleur, la température monte et c’est incontrôlable, ils meurent en quelques heures. C’est malheureusement des choses qui arrivent au Québec de nos jours.»

Les actions gouvernementales

Devant la récurrence des canicules, les autorités gouvernementales ont commencé à étudier les différentes possibilités pour protéger la santé des citoyens. La construction des bâtiments publics est notamment analysée, tout comme l’influence de certains médicaments en période de canicule et les soins offerts aux patients dans les hôpitaux et les centres de soins de longue durée.

«Les changements climatiques représentent un grand défi de société, soutient le Dr Gosselin. Il faut penser à aider les personnes plus désavantagées, comme nos vieux parents, les personnes handicapées et les gens plus démunis. Mais il faut aussi comme société avoir de bonnes mesures d’urgence, de bons services à domicile pour les gens qui en ont besoin.»

Mais au-delà de toutes ces mesures, il soutient que les villes doivent aussi se préparer pour mieux résister aux canicules, notamment en aménageant davantage d’espaces verts. Quand on pense que ces périodes de grande chaleur risquent fort de s’accentuer dans les prochaines années, il ne reste qu’à espérer que les décideurs publics entendront ce message.

Au Québec, la canicule de juillet 2010 a fait 250 morts en 4 jours.