Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Les hauts et les bas de Percy Turcotte

Dialogue entre hommes : Percy parle de poids avec d'autres hommes

Émission du 24 mars 2011

On entend très souvent les femmes parler de leurs problèmes de poids et de leur image corporelle, mais rarement les hommes. Percy Turcotte a eu envie d’une discussion «virile» sur l’obésité.

L’obésité : moins grave chez les hommes?

«L’obésité masculine est-elle différente de l’obésité féminine?» se questionne Percy Turcotte. À priori, il croit que non et que l’obésité dérange tout autant chez les hommes que chez les femmes. Il a voulu tester son hypothèse dans une discussion avec deux autres hommes aux prises avec un problème d’obésité : l’acteur Luc Senay et le psychologue Camillo Zacchia.

Luc Senay ne partage pas tout à fait la position de Percy : «Je persiste à croire que l’obésité, chez les hommes, c’est toujours moins grave.» Un point de vue partagé par Camillo Zacchia qui dit se sentir souvent très mal pour les femmes obèses, dont l’image physique choque généralement beaucoup plus que pour les hommes. Il se souvient notamment avoir entendu une collègue parler d’une gestionnaire en la traitant de «grosse vache» au cours d’une rencontre entre différents professionnels de la santé. Il ne s’explique pas du tout que des professionnels puissent utiliser des termes aussi peu respectueux pour décrire une autre personne.

Luc Senay explique ce manque de respect par la perception que les gens ont souvent des personnes obèses : des personnes en mauvaise santé, avec une mauvaise hygiène de vie, qui ne font pas d’exercice, qui mangent démesurément…

Des parcours différents

Tous deux obèses, les deux invités de Percy ont suivi des parcours bien différents. Enfant, Camillo Zacchia était déjà bien gras, alors que Luc Senay ne l’était pas du tout.

«Ma mère croyait que plus qu’on mangeait, plus on serait en santé», se souvient Camillo Zacchia. À l’école, il était le seul élève à avoir un tel problème de poids. Il remarque que ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisqu’il y a de plus en plus d’enfants obèses. «Je me sens moins différent maintenant, reconnaît-il, je me sens plus comme le reste du monde.» Mais il se rappelle avec amusement que lors d’un voyage au Vietnam, sa forte taille a été considérablement remarquée des Vietnamiens qui venaient lui toucher le ventre, semblable à celui du Bouddha, en espérant que cela leur porte chance.

Pour sa part, Luc Senay raconte qu’il vient d’une famille de bien-portants, souvent bien enrobés de chair à la taille et aux fesses. «Mais jamais je n’aurais pu m’imaginer, adolescent, que j’aurais ce look-là un jour, parce que j’étais svelte à l’époque.»

Ce n’est que dans la quarantaine que Luc Senay a commencé à engraisser considérablement : «J’ai vécu une période difficile qui a fait en sorte que mon goût de séduire est tombé complètement. Je n’avais plus envie de séduire. J’ai commencé à me protéger et je me suis fait une carapace.»

Aujourd’hui, s’il souhaite perdre du poids, Luc Senay soutient que c’est d’abord et avant tout pour sa santé et que ce désir n’a rien à voir avec le regard d’autrui. Pour sa part, Percy Turcotte se dit sceptique face à cette affirmation, car il est personnellement très troublé par le regard des autres : «Probablement parce que j’ai encore tous mes préjugés contre les grosses personnes, je m’imagine toujours qu’on les a envers moi aussi, que je ne suis pas performant, que je ne suis pas attirant…» Luc Senay voit là un piège : celui d’être à la merci du regard des autres.

Leurs solutions

Après avoir échangé sur leurs petits trucs respectifs pour camoufler leur taille, les trois hommes partagent quelques-unes de leurs habitudes de vie. Camillo Zacchia se pèse tous les jours et demeure vigilant pour ne pas prendre davantage de poids. Adepte d’exercice, il fait beaucoup de vélo et réduit ses portions alimentaires, sans pour autant parler de régime.

Pour sa part, Luc Senay a lui aussi fait des choix pour tenter de perdre du poids. Même s’il demeure encore trop sédentaire à son goût, il a changé quelques-unes de ses habitudes alimentaires. Après avoir suivi un régime conventionnel, il a surtout décidé de réduire sa consommation des trois P (pain, pâtes, patates) et de vin, ce qui lui a permis de perdre environ 28 livres en un an.

À la sortie de cette rencontre, Percy se félicite de cette discussion entre hommes, impensable selon lui il y a à peine 10 ans. Ce fut pour lui une rencontre rassurante, car il a découvert que leurs discours respectifs se rejoignaient.