Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Don de moelle osseuse : «J'ai rencontré la personne qui m'a sauvé la vie!»

Émission du 15 septembre 2011

Sabrine Leblond-Murphy est une jeune femme de 29 ans qui a survécu à une forme grave de leucémie grâce à un don de moelle osseuse, un don très précieux qui lui a sauvé la vie. Elle nous raconte son histoire.

Si Sabrine Leblond-Murphy est aujourd’hui en vie, c’est grâce à la générosité d’une personne qui lui était jusque-là parfaitement inconnue. « C’est une des seules personnes qui avait la possibilité de me sauver la vie et elle accepté de le faire, raconte-t-elle. J’ai commencé à essayer de m’imaginer qui était cette personne, où elle vivait, si c’était un homme ou une femme et les raisons pour lesquelles elle avait fait ça. »

Dès l’annonce de son diagnostic de leucémie, en 2008, la vie de Sabrine a basculé. Il n’y avait aucune journée à perdre : elle a été immédiatement hospitalisée pour débuter les traitements de chimiothérapie. Trois semaines plus tard, elle entrait en rémission pour une première fois. « À ce moment-là, je ne connaissais pas les statistiques et je me pensais guérie, se souvient-elle. Je pensais que j’étais la personne qui avait guéri de la leucémie le plus rapidement, mais c’est là qu’on m’a annoncé que ce n’était pas terminé... » L’étape suivante lui a demandé de faire preuve de patience et d’espoir, car il fallait trouver un donneur de moelle osseuse. Étant donné que les membres de sa famille directe n’étaient pas compatibles avec elle, il fallait se tourner vers le registre international et croiser les doigts.

Cinq mois plus tard, en janvier 2009, Sabrine apprend que l’équipe médicale a trouvé un donneur dit « parfait » : « Cette journée-là, raconte-t-elle, c’est une des meilleures de toute ma vie. Les larmes ont coulé. J’ai un médecin qui ne montre habituellement pas trop ses émotions, mais ce jour-là, je le voyais qu’elle était elle aussi assez émue. »

Les premières démarches

Dès qu’elle a appris cette merveilleuse nouvelle, Sabrine a manifesté le souhait de rencontrer la donneuse, mais les consignes d’Héma-Québec exigent qu’un délai d’un an soit respecté avant d’entamer ces démarches. « Je voulais absolument savoir qui c’était et pouvoir la remercier », raconte Sabrine.

Comme premier contact, Sabrine a choisi d’écrire une lettre manuscrite à la donneuse, Marjorie L. Troia, car elle ne souhaitait pas que ce premier contact se fasse pas courriel. « À ce moment-là, j’ai appris que c’était une femme de 42 ans, mère d’un enfant, et qui habitait à Colchester au Vermont, donc à une heure et demie de route de chez moi.»

Des retrouvailles émouvantes

Le 27 juin 2010, les deux femmes se sont rencontrées pour la première fois. « On planifiait rester là pendant une heure ou deux, pour prendre le temps de se connaître, se souvient Sabrine avec émotion. Mais finalement, on est restées pendant 6 ou 7 heures de temps, on a bu du vin, on a mangé, on a pleuré. C’était assez spécial. Tout de suite, on a eu le sentiment de se connaître depuis plus longtemps. On avait le sentiment de retrouver un membre de la famille. Je pense qu’on se considère presque comme des sœurs maintenant, ou des demi-sœurs. »

« Tout ça m’a fait réaliser l’importance des gens qui posent des gestes altruistes, soutient Sabrine. Heureusement qu’il y a des gens comme Marjorie dans le monde, car il y a beaucoup de personnes qui peuvent être guéris de cette manière là. Tout ce que ça prend, c’est quelqu’un qui va donner de soi pour guérir, comme dans mon cas, une personne complètement inconnue. »

Aujourd’hui complètement guérie et rétablie, et inspirée de cette expérience, Sabrine entame cet automne des études en médecine. Maintenant que la maladie est pour elle chose du passé, elle est maintenant prête à soigner elle-même la vie des autres.

Informations supplémentaires

Faire un don de moelle osseuse est une démarche altruiste qui peut vraiment sauver la vie d’une autre personne. Mais c’est plus compliqué qu’un simple don de sang.

Il faut tout d’abord s’inscrire sur le registre de donneurs géré au Québec par Héma-Québec. Par la suite, on est susceptible d’être appelé n’importe quand par Héma-Québec pour aller faire un don, ce qui implique d’aller à l’hôpital et d’y rester pour une période de 24 à 48 heures.

Contrairement à ce qu’on peut penser, il ne s’agit pas d’un prélèvement qui se fait dans la colonne vertébrale (parce que ce n’est pas une greffe de moelle épinière, mais de moelle osseuse). Par exemple, le prélèvement peut se faire dans les os du bassin ou dans le sternum.

Au Québec, environ le quart des donneurs et receveurs de moelle osseuse finissent par se rencontrer. Il faut toutefois que le pays du receveur le permette et que les deux parties acceptent de le faire. Héma-Québec demande également d’attendre un an avant d’entamer les démarches, pour être bien certain qu’il s’agit d’une décision réfléchie.

Ressources

Vous souhaitez devenir donneur potentiel, plus d’informations sur le site d’Héma-Québec : http://www.hema-quebec.qc.ca/comprendre/cellules-souches/informations-donneur-potentiel.fr.html