Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Dyspraxie : sensibiliser le monde de l'enseignement

Émission du 22 septembre 2011

Il y a quelque temps, Cathy Lauzon nous a écrit avec un objectif en tête : faire mieux connaître la dyspraxie. Elle souhaite que le problème soit mieux compris, particulièrement dans le milieu scolaire. Elle a l’impression de se battre seule pour améliorer le sort de ses enfants.

Cathy Lauzon a 3 enfants et 2 d’entre eux portent un diagnostic de dyspraxie. Pour cette mère de famille, la lutte contre la dyspraxie est devenue un combat quotidien.
Il faut dire que vivre avec la dyspraxie demande beaucoup de patience de la part d’un parent. Car pour les enfants dyspraxiques, les gestes les plus simples – comme attacher des souliers, ouvrir une poignée de porte ou faire du vélo – exigent les plus grands efforts.

Des premiers signes inquiétants

Cathy Lauzon se souvient que plus jeune, son fils Anthony était un enfant timide et rangé, mais parfois très impulsif : « Il était tranquille, un peu trop peut-être… C’était un peu inquiétant. Mais il faisait parfois des choses que je trouvais particulières, mais je n’avais pas de repères étant donné que c’était mon premier. Mais je trouvais ça quand même curieux… » Elle se rappelle notamment qu’Anthony pouvait parfois faire une crise simplement parce qu’il avait dépassé les contours d’un dessin ou parce qu’elle avait placé le ketchup dans son assiette à un endroit qui ne lui convenait pas.

Inquiète, Cathy a finalement décidé d’en parler avec son médecin de famille. Par la suite, c’est un neuropédiatre qui lui apprendra qu’Anthony souffre de dyspraxie, qu’on définit comme un trouble de l’apprentissage des séquences de mouvements.

Des difficultés scolaires

À l’école, Anthony a rapidement manifesté d’autres signes inquiétants. Il était notamment incapable d’ouvrir la porte de l’école ou d’ouvrir les anneaux de son cartable. Il a aussi dû déployer des efforts démesurés pour apprendre à utiliser une gomme à effacer. Dès la maternelle, des troubles d’apprentissage ont également émergé, comme la difficulté à apprendre à former des lettres attachées.

Peu de soutien

Cathy Lauzon a été particulièrement troublée de sentir qu’Anthony était constamment le premier enfant de l’école à éprouver ce genre de problèmes. Elle devait elle-même apporter de la documentation à l’école pour informer le personnel enseignant sur la dyspraxie.

Cathy est d’ailleurs d’avis que la dyspraxie est souvent mal diagnostiquée en raison d’un manque d’informations : «Je crois que plusieurs enfants dyspraxiques passent pour des enfants maladroits ou dans la lune, ou avec des troubles d’apprentissage sans pour autant être identifiés comme dyspraxiques.»

L’avenir

À l’heure actuelle, les deux aînés de Cathy Lauzon portent un diagnostic de dyspraxie. Elle craint que sa plus jeune fille en souffre elle aussi, car elle présente également des problèmes similaires aux deux autres enfants.

Excédée de devoir se battre seule, Cathy souhaite que les enfants dyspraxiques bénéficient davantage de soutien à l’école, pour leur assurer un développement optimal. Et elle s’inquiète tout spécialement du cheminement d’Anthony à l’école secondaire. Car si la situation est difficile à l’école primaire, elle reçoit tout de même un peu de soutien et de collaboration. Mais elle se demande ce que ce sera à l’école secondaire, quand elle aura encore plus de professeurs à informer : « Le secondaire, c’est aussi l’autonomie de soi-même, c’est la débrouillardise, et ce n’est pas le cas, pour Anthony. Il a 11 ans, mais je dois encore être derrière lui. Je n’ai aucune idée en fait de ce qui l’attend. »

« Je ne suis pas dépassée par la situation, mais je suis sérieusement inquiète, conclut-elle. Où s’en vont-ils avec ce handicap-là? C’est quoi leur avenir? Je ne le sais pas. J’aimerais ça avoir des réponses là-dessus, mais je n’en ai pas…»

Dyspraxie 101

– La dyspraxie ne doit pas être confondue avec la dyslexie. La dyspraxie se définit par un trouble de l’apprentissage des séquences de mouvements. Concrètement, cela signifie que les enfants qui en sont atteints vont éprouver des difficultés à apprendre les séquences impliquées dans toute la gamme des gestes quotidiens, comme attacher des lacets par exemple. L’enfant dyslexique, pour sa part, aura plutôt de la difficulté avec les séquences de mots.

– La dyspraxie touche 6 % des enfants et la dyslexie, 10 %.

– Si la dyspraxie demeure un problème encore méconnu, on sait toutefois que les interventions précoces auprès des enfants en difficulté doivent être encouragées.

Quelques ressources utiles

Évelyne Pannetier, La dyspraxie, une approche clinique et pratique, Éditions du CHU Sainte-Justine

Sylvie Breton et France Léger, Mon cerveau ne m’écoute pas : Comprendre et aider l’enfant dyspraxique, Éditions du CHU Sainte-Justine

Association québécoise pour les enfants dyspraxiques
C.P. 26024
Sherbrooke (Québec) J1G 4J9
Téléphone (boîte vocale) : 819 829-0594
Courriel : dyspraxieaqed@hotmail.com

Dyspraxie et cie
http://www.dyspraxieetcie.com/
Blogue élaboré et alimenté par 4 mamans d'enfants différents, dont 4 fillettes dyspraxiques. Elles partagent leurs trucs, leurs trouvailles, leurs états d'âme, leur gestion du quotidien pour se sentir moins seules.

Centre d'évaluation neuropsychologique et d'orientation pédagogique
www.cenopfl.com/troubles-apprentissage/dyspraxie.asp
Textes sur la dyspraxie, ses manifestations au quotidien et en contexte scolaire, son évaluation, son approche et les différents traitements disponibles.

De nouvelles ressources sont disponibles :

un site Internet http://www.sosdyspraxie.com/index.html
et un livre : France Léger et Pierre Dalcourt, La dyspraxie de l'enfant : vos grandes questions, nos meilleures réponses