Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Bouger malgré la douleur : comment surmonter la peur?

Émission du 5 octobre 2006

Question de notre téléspectateur:
«J’ai mal au dos depuis quelques temps. Ça fait encore très mal. Mon médecin me dit de faire de l’exercice, mais je suis craintif. Je ne sais pas quoi faire?»
Cela dépend du type de douleur dont on souffre. Il y a plusieurs catégories de douleur :
La douleur aiguë  dure jusqu'à sept jours. La douleur lombaire aiguë, par exemple, peut occasionner beaucoup d'inconfort, imposer un arrêt de travail pendant quelques jours et gêner considérablement les activités quotidiennes. La douleur subaiguë est une douleur qui persiste de manière plus ou moins constante durant trois mois. Et la douleur chronique est une douleur constante qui dure plus de trois mois.

Oui, mais il y a des cas où on ne devrait pas bouger! Quand on se fait une entorse, par exemple. Quand sait-on que c’est le bon moment de commencer à faire les exercices?

La douleur peut être aiguë ou chronique. La douleur aiguë survient après une blessure ou une lésion. Par exemple, une entorse ou un coup de marteau. Elle a le rôle de nous informer que le corps est menacé, puis elle aide à la guérison. La douleur aiguë, il va sans dire, fait très mal au début. On est porté à ne pas bouger, c’est ce qu’il faut, pour que le membre commence à guérir. Au fur et à mesure de la guérison, la douleur s’atténue et on bouge davantage. Évidemment, la douleur est toujours présente et limite nos mouvements. Elle nous guide donc dans la limite à respecter pour favoriser la guérison. 

S’il faut la plupart du temps s’immobiliser dans les premiers temps après la blessure, il y a unanimité scientifique autour de la nécessité de bouger pour contrer les douleurs chroniques. C’est bénéfique à plusieurs points de vue.

La recherche démontre que l’exercice augmente à la fois le taux de sérotonine, de noradrénaline, des hormones de croissance et permet une efficacité améliorée des neurotransmetteurs. Et la liste des bienfaits s’allonge de la sorte. L’activité physique aura un effet anti-douleur à moyen terme et permettra rapidement une meilleure digestion.

Il faut faire ce qu’on est capable de faire, affirme Yvan Campbell, kinésiologue. Même une promenade de deux minutes au début, promenade que l’on prolongera graduellement, sera bénéfique à très court terme. 

À force d’avoir mal, on craint de bouger. Est-ce que ça peut devenir une phobie?


Cette peur porte un nom : la kinésiophobie. Et moins on bouge, plus on se déconditionne, plus on entretient la peur. C’est là que ça peut se compliquer de façon inquiétante. Nos cellules gardent en mémoire la douleur et nous empêchent parfois de guérir. Il faut renverser la vapeur et aider le corps à reprendre confiance en le soumettant à des exercices de façon graduelle.

Quels types d’exercices sont recommandés, quand ça fait plusieurs mois ou années qu’on n’a pas bougé?

Pour y faire face, il n'y a qu'une solution; commencer doucement par des exercices légers, comme la marche et les étirements progressifs des muscles douloureux. Petit à petit, on peut augmenter l'intensité et la durée des exercices. Il est très important de choisir des exercices qui vous conviennent et d'y aller de manière progressive. Il faut consulter un spécialiste pour avoir des recommandations adaptées à notre situation.

Selon le spécialiste en douleur, le docteur Serge Marchand, la limite de l’exercice doit être que la douleur est supportable. Ce qui est important, c’est de persévérer, malgré l’inconfort.

On entend souvent dire que la natation est l’un des meilleurs exercices, surtout pour les maux de dos. Est-ce vrai?

La natation et en particulier l'aquaforme, les massages et les bains chauds sont également bénéfiques pour détendre les muscles et réduire les douleurs qui suivent l’exercice physique. Mais attention! L’effet d’apesanteur dans l’eau ne correspond pas à la charge réelle ressentie dans la vie de tous les jours. La personne qui a mal au dos, en sortant de l’eau, ressentira d’autant plus le poids de son corps! Il faut aussi travailler la musculation à l’aide de charges plus lourdes pour que les mouvements de la vie quotidienne deviennent plus faciles.

Mais il est important encore une fois de se rappeler que malgré la douleur chronique et les points sensibles bien spécifiques, il est extrêmement important de travailler le cardio-vasculaire, car il stimule la production d’endorphines et a aussi un effet sur l’humeur. On augmente aussi de façon déterminante la capacité et la rapidité de récupération de la personne.