Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Cherche rein désespérément

Émission du 29 septembre 2011

Après 8 ans de combat contre l’insuffisance rénale, le verdict est tombé pour Jacques Mayer : il devra subir une transplantation. Depuis ce jour, l’espoir de trouver un rein est devenu pour lui une préoccupation constante.

Les différentes avenues

«Quand j’ai reçu ce diagnostic, ça m’a jeté à terre», se souvient Jacques Mayer. À l’heure actuelle, la greffe de reins représente sa seule planche de salut, sans quoi il devra continuer à vivre avec la dialyse rénale.

«Les médecins et les hôpitaux ont bien sûr accès à une liste de donneurs possibles de reins à travers le pays, explique-t-il, mais en réalité il est plus facile et plus simple de se trouver soi-même un rein.»

Pour Jacques Mayer, la première avenue possible aurait été de recevoir un don d’un membre de sa famille, comme de son épouse ou d’une de ses filles. Mais par mesure de prudence pour l’avenir, Jacques Mayer préférait que celles-ci conservent leurs reins au cas où un de ses enfants ou petits-enfants en ait également besoin. «Une de mes filles qui a 42 ans a insisté à plusieurs reprises pour que je prenne son rein, mais je lui ai dit : “Non, ma fille, vaut mieux que tu le gardes pour tes enfants. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Moi, ma vie est en arrière. J’aimerais bien avoir un rein, mais j’aimerais l’avoir de quelqu’un qui est malheureusement en train de mourir, ou qui est mort…” C’est la décision que j’ai prise.»

Par la suite, Jacques Mayer a commencé à chercher autour de lui, pour trouver qui pourrait lui donner un rein, une démarche difficile et délicate puisqu’il n’est évidemment pas aisé de demander à quelqu’un de faire don de son rein. Il a également entamé des recherches sur Internet, où il a découvert un véritable trafic de reins, et autres organes, notamment dans certains pays comme l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan. Un chirurgien afghan lui a même promis un rein dans les quinze prochains jours, sous prétexte que les Afghans étaient un peuple très généreux! Coût de l’opération : 14 000 $, voyage pour deux et hébergement de première classe inclus. «Le club Med de la greffe rénale!», ironise Jacques Mayer.

Vivre avec la dialyse

En attendant de trouver un rein, Jacques Mayer n’a d’autre choix que de s’en remettre à la dialyse, mais il s’agit d’un traitement qui ne lui permet que de survivre, pas de guérir. «Je perçois la dialyse comme une forme de prison, un corset dans lequel on s’enferme.» Concrètement, pour cet habitant du Bas-St-Laurent ce traitement exige de se rendre à un centre de dialyse, à deux heures de route de chez lui, trois à quatre fois par semaine.

Avec ces traitements de dialyse, Jacques Mayer éprouve la désagréable impression d’être une charge non seulement pour sa famille, puisqu’il doit toujours être accompagné à ses traitements, mais aussi pour la société. Il a calculé que la dialyse entraîne des coûts sociaux annuels de 80 000 $, ce qui fait près d’un million pour une personne qui doit suivre ces traitements pendant 10 ans. La greffe d’un rein, quant à elle, ne coûterait que 20 000 $. Mais encore faut-il qu’une occasion se présente…

Plaidoyer pour le don d’organes

Au cours des dix dernières années, le nombre de patients au Québec avec une insuffisance rénale grave a doublé. Cette augmentation s’explique par le vieillissement de la population ainsi que par l’augmentation des cas de diabète. En 2010, le délai moyen d’attente pour une greffe de rein était d’environ deux ans et une dizaine de personnes décèdent chaque année, en attente d’un rein.

Puisque la demande pour des reins et d’autres organes risque fort de continuer à augmenter, Jacques Mayer rappelle que le don d’organes, par la signature au verso de la carte d’assurance-maladie, représente un geste d’une immense générosité: «Si vous mourez en santé, du vieil âge, d’une mort cérébrale ou si malheureusement vous êtes victime d’un accident de la route et que vous êtes dans le coma total, soyez généreux, continuez à vivre à travers les autres en donnant vos organes. Car vous allez non seulement sauver des vies, mais vous allez aussi sauver des familles.»

Il existe 2 formes de greffe : le don entre vivants et le don cadavérique. Le taux de réussite de la greffe est beaucoup plus élevé avec un donneur vivant. C’est aussi vrai pour l’espérance de vie du receveur : elle est de 18 ans pour un donneur vivant, versus 12 ans pour un donneur décédé.

Pour en savoir plus sur le don d’organes entre vivants, visionnez notre reportage sur le sujet, réalisé en 2009 : http://pilule.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=530

et la deuxième partie : http://pilule.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=874