Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Prescription de placebo

Émission du 13 octobre 2011

Le saviez-vous? Il n’est pas rare que des médecins prescrivent à leurs patients un placebo, soit un médicament qui a priori n’aurait aucun effet thérapeutique. Une étude canadienne a d’ailleurs démontré que 35 % des psychiatres et 20 % des médecins auraient occasionnellement recours à cette pratique. Chez nos voisins américains, il semble que 50 % des médecins en feraient autant, selon une étude publiée en 2008.

Une pratique de longue date

L’utilisation du placebo remonte au moins jusqu’au 18e siècle. En 1785, le mot «placebo» a été accrédité en Angleterre pour désigner une substance qu’on donne à un patient davantage pour lui plaire (d’où l’origine du mot placebo) que pour lui donner un bénéfice réel.

Ça marche!

Contrairement aux idées préconçues, les placebos semblent avoir un réel effet sur la santé des patients. Dans les années 1940 et 1950, des chercheurs ont en effet commencé à démontrer que l’utilisation du placebo avait un effet mesurable. Si un patient souffre de douleurs et qu’on lui donne un placebo, on peut mesurer une hausse du taux d’endorphines dans son sang. Tout comme on peut constater l’augmentation du taux de dopamine dans le cerveau lorsqu’on administre un placebo à des patients atteints de Parkinson. Il s’agit donc d’un effet psychologique, mais mesurable.

Pour qui?

Dans certains cas, les médecins peuvent recourir à un placebo lorsqu’ils pensent ne rien avoir à offrir à ses patient pour les aider. Il faut savoir que pour certaines personnes aujourd’hui, il est devenu inacceptable de ne rien faire et d’attendre tout simplement que le mal passe. Pour ce genre de patients, le placebo peut s’avérer fort utile.

Dans les faits, les pharmaciens n’ont plus de véritable pilule de sucre comme autrefois. Si un médecin prescrit un placebo, il va plutôt prescrire un médicament à très petite dose, pour éviter tout effet secondaire, ou encore un médicament qui a très peu d’effets secondaires, en espérant que cela soulagera son patient.

Des problèmes éthiques?

Il est clair que l’utilisation du placebo soulève certaines questions éthiques, puisque le médecin qui y a recours se voit forcé de mentir à son patient. Un chercheur a proposé une solution pour contourner ce problème. Il recommande aux médecins d’utiliser la formulation suivante : «Pour le problème dont vous vous plaignez, je vais vous prescrire une pilule de sucre. Or, il a été démontré que ce genre d’intervention peut avoir un effet bénéfique.» Croyez-le ou non, les gens qui savaient qu’ils prenaient une pilule de sucre se sentaient mieux que les autres.

La médecine aurait-elle avantage à explorer davantage cette avenue thérapeutique? La question est lancée!