Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Valérie Tourangeau : «Je suis petite, et alors?»

Émission du 20 octobre 2011

Valérie Tourangeau est une jeune femme de 19 ans qui respire la confiance, malgré une enfance remplie de discrimination. Elle sait de quoi elle parle quand elle dit que tout le monde a droit au respect, quelle que soit sa différence…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Valérie Tourangeau est une jeune femme très courageuse. À 16 ans, quand elle est allée voir un orienteur pour lui partager son souhait de devenir infirmière ou enseignante, cette dernière a tenté de la décourager de ces deux options et lui a plutôt suggéré de devenir clown!

«Comme si j’allais devenir clown pour me faire ridiculiser, commente Valérie. S’il y a quelqu’un dans la vie qui ne veut pas se faire ridiculiser, c’est bien moi!»

«Je me vois comme une personne tout à fait normale. Pour moi, je suis un être humain et je ne me pose pas de questions.»

Une enfance vécue dans la discrimination

Depuis qu’elle est toute jeune, Valérie déploie des pieds et des mains pour se faire traiter comme tout le monde. Malgré toutes les bonnes intentions d’autrui, elle n’aime pas se faire traiter comme une personne handicapée. Dès l’école primaire, elle refusait d’utiliser la rampe que sa mère avait demandé à la direction d’installer pour l’aider dans les escaliers.

Valérie déteste qu’on utilise devant elle le mot «nain». Il faut dire que ce mot a pour elle une connotation très négative, puisqu’enfant, elle subissait les sarcasmes des autres qui l’appelaient constamment «la naine». «Ce n’était pas Valérie mon nom, se souvient-elle. C’était “la naine”.»

À 15 ans, complètement brisée par ces méchancetés quotidiennes, Valérie a pris une importante décision : quitter son milieu de vie, Rouyn-Noranda, pour tenter sa chance ailleurs. Déménagée chez un oncle à Sherbrooke, elle a décidé de changer son attitude face à ses nouveaux camarades de classe. «J’ai montré une autre image de moi, raconte-t-elle. Au lieu de montrer “Valérie la personne de petite taille renfermée”, je me suis plus ouverte et les gens ont perçu ça. Et c’est comme ça que tu réussis à te faire respecter.»

La vie devant soi

Aujourd’hui, Valérie est bien décidée à vivre sa vie comme tout le monde. Elle s’entraîne deux heures par jour et s’efforce de s’habiller de manière à mettre ses jolies formes en valeur. Elle prend également le temps de bien se maquiller et soigne sa coiffure avec minutie. Et comme les personnes de petite taille ont souvent les jambes arquées, elle a choisi de se faire opérer pour améliorer l’apparence esthétique de ses jambes.

«En toute honnêteté, rien ne m’empêche de foncer dans la vie!», soutient Valérie avec enthousiasme. Après avoir décidé de mettre les sciences infirmières de côté pour des raisons pratiques, elle a plutôt choisi de se diriger vers l’enseignement : «Je suis une fille assez autoritaire dans la vie. J’aime donner des ordres et je me vois discipliner une classe.»

«J’ai confiance en moi aujourd’hui et je pense que ça va me suivre, conclut Valérie. Je pense que je vais avoir une belle carrière, je vais avoir des enfants, je veux avoir quelqu’un dans ma vie. Oui, je veux avoir une belle vie!»

Informations supplémentaires

Plus de 4000 personnes souffrent de nanisme au Québec.

– D’un point de vue médical, on parle de nanisme lorsqu’à l’âge adulte, un homme mesure moins de 1,45 mètre (4 pieds 9 po) ou pour une femme moins de 1,40 mètre (4 pieds 7 po).

– Valérie Tourangeau souffre d’hypocondroplasie, une des 500 formes de nanisme répertoriées.

– Le nanisme est causé par une mutation dans l’ADN des parents, qui peut apparaître de façon spontanée. Tout le monde peut donner naissance à un enfant de petite taille. Par contre, lorsqu’une personne est porteuse du gène, elle a davantage de chances de le transmettre à ses enfants.