Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Est-on mieux soigné en ville qu'à la campagne ?

Émission du 27 octobre 2011

«Est-on mieux soigné en ville qu’à la campagne?»

Expert invité : Dr Alain Vanasse, Professeur, Département de médecine de famille, Université de Sherbrooke

Médecine de ville et médecine des champs

Au Québec, 21 % de la population vit en milieu rural. Tous ces citoyens reçoivent-ils des soins de santé équivalents à ceux qu’ils recevraient s’ils habitaient en ville?

La réponse n’est pas si simple, répond le Dr Alain Vanasse, car tout dépend de la gravité du problème médical à soigner. Dans le cas d’une urgence, il est clair que le temps de déplacement vers l’hôpital est critique. Or, si l’hôpital est à 300 km, un patient a davantage de risques de décéder dans l’ambulance que si l’hôpital est plus rapproché.
Preuve que le facteur temps est névralgique : 30 % des gens qui font un infarctus du myocarde décèdent durant le transport vers l’hôpital.

Dans les milieux urbains, les gens ont davantage accès à des spécialistes que les résidants des régions rurales.
Les traitements qui font appel aux hautes technologies sont également beaucoup plus accessibles pour les gens qui habitent en ville.

Un exemple : Au Québec, on compte 14 centres de cardiologie tertiaire, dont 11 à Montréal.

Par contre, qu’on vive en ville ou à la campagne, le Dr Vanasse croit que l’accès aux soins primaires est à peu près équivalent.

Une étude réalisée à l’Université de Sherbrooke révèle que pour trois maladies chroniques (infarctus du myocarde, ostéoporose et diabète), l’incidence des maladies est similaire en ville et à la campagne, tout comme l’accès aux médecins de famille et aux médicaments requis. Par contre, l’accès aux spécialistes est supérieur dans les régions urbaines.

Une bonne politique gouvernementale

Toujours selon l’avis du Dr Alain Vanasse, la politique gouvernementale qui favorise la répartition des nouveaux médecins dans les différentes régions explique en partie pourquoi les résidents des régions rurales ont un accès à peu près égal aux soins de première ligne que les citadins.
Le Dr Vanasse soutient également que le tissu social, beaucoup plus fort en campagne que dans les villes, représente une excellente ressource lorsque surviennent des problèmes de santé.
Cet accès aux soins de santé primaires est très important : des études révèlent que dans tous les pays qui favorisent un bon accès aux soins primaires, la santé de la population est meilleure, tout comme l’espérance de vie est plus élevée, que dans populations où l’accès à ces soins est limité.

Le Dr Vanasse croit que le régime d’assurance-maladie explique en grande partie pourquoi, au Québec, les habitants des villes et des campagnes ont à eu près le même accès aux soins de santé primaires.