Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dr Réjean Hébert : des soins à domicile pour les aînés

Émission du 17 novembre 2011

Le Dr Réjean Hébert est un ardent défenseur du système de santé publique et des soins à domicile pour les personnes âgées. Après plusieurs séjours à l’étranger, notamment aux Pays-Bas, en France et au Danemark, il a acquis la conviction qu’on pouvait non seulement voir le vieillissement autrement, mais qu’on devrait aussi s’inspirer de ce qui se fait ailleurs.

Voir la vieillesse autrement

Professeur et chercheur au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke, le Dr Réjean Hébert se passionne pour le bien-être des personnes âgées. Et à son avis, il est impératif de modifier notre vision collective de la vieillesse : «Pour le commun des mortels, une personne âgée, c’est quelqu’un qui se berce au foyer et qui attend la mort. Mais ce n’est pas ça, les personnes âgées! On a la retraite que Bismarck a implantée en Allemagne en 1873, alors que l’espérance de vie était de 50 ans. Atteindre 65 ans en 1873, c’était presque un record, alors que maintenant, lorsqu’on atteint 65 ans, on a encore 20 ans à vivre. On en a encore presque autant à vivre que ce qu’on a vécu en vie active!»

Pour le Dr Hébert, il est important de comprendre que la perte d’autonomie ne touche que 20 % des personnes âgées et qu’à peine 5 % d’entre elles doivent absolument aller vivre dans un centre de soins de longue durée. Ainsi, 80 % des personnes âgées vivent de façon autonome et continuent à apporter une contribution à la société. D’où l’importance d’adapter et de repenser les soins de santé qui leur sont offerts.

Vivre à domicile le plus longtemps possible

«Avec le vieillissement de la population, explique le Dr Hébert, on voit apparaître les limites de notre système de santé qui a été construit pour une population jeune dans les années 1950 et 1960, à une époque où les maladies aiguës étaient plus dominantes. Là, on s’aperçoit qu’avec des personnes plus vieilles qui ont des maladies chroniques, ce n’est pas une bonne idée de mettre l’hôpital au centre du système de santé. Ce n’est pas là que les choses se passent : le soin des maladies chroniques et le soin à long terme, ça doit se passer dans le milieu de vie des personnes, et non pas à l’hôpital.»

Le modèle danois

Pour le Dr Hébert, il ne fait aucun doute que la société doit tout faire pour aider les personnes âgées à demeurer à domicile le plus longtemps possible. Et pour y parvenir, il faut apporter le maximum de services à leur domicile, comme c’est le cas au Danemark.

«Le Danemark a décidé il y a une vingtaine d’années de ne plus construire de CHSLD et de donner les services là où habitent les personnes âgées, plutôt que de les déménager dans des CHSLD. Et c’est un pari qui a été tenu : on se retrouve actuellement au Danemark avec des services à domicile et dans les résidences pour personnes âgées extrêmement développés, et très peu de CHSLD.»

De vrais soins à domicile

Le Dr Hébert déplore qu’à l’heure actuelle, les soins à domicile se pratiquent bien souvent au détriment des proches aidants, qui se retrouvent ainsi exploités par le système. Or, il est possible de développer les soins à domicile tout autrement, en dressant un bilan de tous les soins dont la personne âgée a besoin et en lui fournissant à domicile tous les services dont elle a besoin, en considérant le proche aidant comme un partenaire dans cette prise de décision. «Et ça, ça change la donne, soutient-il. Dans les pays qui ont fait ce virage-là, les proches aidants sont enchantés.»

Oui, c’est possible.

L’idéal de Réjean Hébert, c’est d’imaginer une société dans laquelle à peine 2 % des personnes âgées vivraient en CHSLD tandis que les autres 98 % pourraient demeurer à domicile. Se défendant bien d’être un rêveur, il rappelle que si le Danemark a réussi à relever ce défi, c’est bien la preuve que c’est possible et que, collectivement, nous sommes capables d’atteindre cet idéal.