Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Cancer de la prostate : le dépistage

Émission du 17 novembre 2011

Depuis quelques années, une controverse entoure le dépistage du cancer de la prostate. Même la United States Preventive Task Force, un organisme gouvernemental américain, a récemment pris position sur le sujet en ne recommandant plus les tests de dépistage du cancer de la prostate chez les hommes de 50 ans et plus. Il s’agit d’un véritable virage : en 2008, 50 % des hommes de 50 ans et plus avaient passé un test de dépistage pour ce type de cancer.

Des tests peu fiables

Le test de dépistage en question est appelé en anglais «PSA» pour prostate-specific-antigene ou, en français, «APS» pour antigène prostatique spécifique. Plus spécifiquement, il s’agit de mesurer dans le sang le taux d’un antigène des cellules de la prostate.

Ce test largement utilisé présente plusieurs problèmes, notamment parce qu’il entraîne beaucoup de résultats erronés, avec de nombreux cas de faux négatifs et de faux positifs. Cette situation s’explique par le fait que chez les hommes vieillissants, il est très courant d’avoir des cellules cancéreuses dans la prostate sans pour autant que cela ne génère de problème de santé. Les chiffres sont étonnants : à 80 ans, 80 % des hommes sont porteurs de cellules cancéreuses de la prostate, tandis qu’à peine 3 % des gens meurent de ce type de cancer.

Le principal problème que présentent ces tests, finalement peu fiables, c’est que leur utilisation peut amener un important nombre d’hommes à se faire traiter pour un cancer qui ne se serait jamais développé, avec tous les effets secondaires qu’on connaît, ainsi que de nombreuses conséquences fâcheuses, comme l’incontinence et l’impuissance.

Le dépistage mis au rancart?

On se dirige donc vers une toute nouvelle approche en matière de dépistage du cancer de la prostate. Et tout comme le test de l’APS, le toucher rectal systématique est lui aussi mis au rancart. Désormais, la United States Preventive Task Force, tout comme notre Collège des médecins, ne recommande plus de faire de toucher rectal pour dépister le cancer de la prostate à tous les hommes de 50 ans et plus. Selon les nouvelles lignes directrices, les tests de dépistage ne devraient être réservés qu’aux hommes qui présentent des symptômes inquiétants.

Certaines voix discordantes s’opposent toutefois à cette volte-face en matière de dépistage du cancer de la prostate, notamment les groupes d’urologues et de groupes de soutien aux patients atteints de ce type de cancer. Il faut reconnaître qu’il est décevant de réaliser qu’il n’existe actuellement aucun test de dépistage valable pour le cancer de la prostate. C’est pourquoi il demeure fondamental de poursuivre la recherche scientifique, mais celle-ci est intimement liée à la présence de fonds de subvention. Et malheureusement, pour le cancer de la prostate, il n’est pas aussi facile d’obtenir la faveur du public que pour d’autres types de cancers.