Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Vincent Dumez, victime du sang contaminé

Émission du 19 janvier 2012

Vincent Dumez a l’air en parfaite santé, mais pourtant il connaît bien la maladie puisqu’il est atteint depuis sa naissance d’hémophilie, un problème de coagulation du sang. Il est ensuite malheureusement devenu victime du sang contaminé, ce qui fait qu’il combat aujourd’hui, en plus de l’hémophilie, le VIH et l’hépatite.

Il est l’un des rares survivants de ce qu’on a appelé dans les années 1980 «le scandale du sang contaminé» qui a entraîné le décès de plus de 700 Canadiens. Refusant de se laisser abattre par le découragement, Vincent Dumez a plutôt choisi la voie de la résilience et d’œuvrer à l’amélioration des relations entre les médecins et leurs patients.

Un sentiment de trahison

Vincent Dumez n’avait que 15 ans lorsqu’il a appris qu’il avait contracté le VIH à la suite de transfusions de sang contaminé. Au-delà de cette terrible nouvelle, il a été particulièrement marqué par le fait que les médecins ont pris un an et demi avant de l’en informer. «Pour moi, ça a été une trahison par rapport au modèle de transparence et de prise de décision partagée dans lequel on était avant.»

Ce bris de communication est encore aujourd’hui au cœur de la quête de Vincent Dumez. Car cette expérience l’a emmené à se pencher sur l’étude de la relation entre le médecin et le patient.

La genèse d’une nouvelle vision

Malgré ce sombre destin, Vincent Dumez a poursuivi sa vie et fait des études en marketing. Au cours de ses études à l’École des HEC, il a signé un mémoire de maîtrise remarqué, sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : L’affaire du sang contaminé au Québec ou l’échec de la relation médecin-patient. Intéressés par ses travaux de recherche et sa vision des choses, les responsables de la Faculté de médecine ont commencé à l’inviter à venir ponctuellement rencontrer les étudiants afin de leur expliquer sa situation et ses besoins comme patient.

Son nouveau défi

La collaboration entre Vincent Dumez et l’Université de Montréal a pris un nouvel envol en octobre 2010 lorsqu’il est devenu directeur du nouveau Bureau facultaire de l’expertise patient partenaire de la Faculté de médecine. Insufflé de cette nouvelle mission, il œuvre à proposer une nouvelle vision du patient. Il cherche également à mieux préparer les futurs médecins à travailler à partir des projets de vie de leurs patients.

«Ce qui est innovateur dans ce projet-là, soutient-il, c’est qu’on réfléchit aux patients dans une faculté de médecine avec des patients.»

Porté par un sentiment d’urgence inhérent à sa condition de santé, Vincent Dumez souhaite redonner un nouveau sens aux épreuves qui ont marqué sa vie et celle des autres victimes du sang contaminé.

«La vie m’a amené exactement là où j’imagine que je devais être, conclut-il. On verra le temps qu’il reste et ce qu’on va être capable de faire. Mais l’idée est de faire en sorte que tout ce qui s’est passé – le scandale du sang contaminé, le sida, l’hépatite, etc. – devienne quelque chose de positif, des événements desquels on va apprendre et qui pourraient éventuellement devenir des facteurs clés de changement dans les partenariats de soins entre professionnels de la santé et patients. Je crois qu’on a besoin de ça.»