Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le bruit peut-il nous rendre malade ?

Émission du 26 janvier 2012

«Le bruit menace-t-il notre santé?»

Expert invité : Marie-Pierre Caouette, PDG, Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

Le bruit omniprésent

Depuis quelques décennies, le niveau de bruit ambiant ne cesse d’augmenter en raison du développement industriel. Que ce soit en ville, avec les voitures, les camions et le trafic aérien, ou encore en campagne avec la machinerie agricole, le bruit semble omniprésent. Résultat : 20 % des Québécois se disent dérangés par le bruit au domicile et au travail.

«Il y a quelques décennies, on était moins conscients de l’impact du bruit et de l’industrialisation sur la santé, explique Marie-Pierre Caouette, PDG de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. On a donc laissé des quartiers résidentiels se développer près des autoroutes et des aéroports, par exemple.» Pour contrecarrer cette tendance, Mme Caouette plaide pour la mise en branle d’une réflexion collective sur le sujet afin de mieux tenir compte de l’impact du bruit dans le développement et la planification des nouveaux quartiers.

Des impacts sur la santé

Le problème est réel, car l’omniprésence du bruit peut avoir d’importants effets non seulement sur la qualité de vie, mais également sur la santé humaine. En effet, le bruit peut notamment entraîner une augmentation de la pression artérielle et du risque de maladies cardiovasculaires. Il peut aussi favoriser la production d’hormones de stress, et ainsi contribuer au développement de problèmes de sommeil et détériorer la santé mentale, notamment par une augmentation de l’agressivité, de l’irritabilité et des symptômes dépressifs.

Baladeurs, iPod et autres écouteurs : attention

En parallèle du bruit ambiant, une autre menace sonore menace la santé et surtout celle des jeunes : la musique amplifiée dans des écouteurs, souvent à un volume très élevé. «On voit de plus en plus de gens qui sont branchés de longues heures avec leurs écouteurs, remarque Marie-Pierre Caouette, et ce phénomène entraîne une détérioration précoce de l’audition.» Et, en fin de compte, ajoute-t-elle, les jeunes risquent de perdre non seulement l’audition, mais également le silence en raison du développement d’acouphènes, c’est-à-dire des sifflements continus dans les oreilles qui ne disparaissent pas. Même les appareils auditifs n’y peuvent rien. «Quand l’audition est détériorée, c’est pour la vie, souligne Mme Caouette. Et une vie sans silence, c’est très long.»

Preuve que le problème est réel : au cours des la dernière décennie, les consultations en audiologie et en évaluation de l’audition ont augmenté de deux fois et demie. Les prescriptions de prothèses auditives sont également à la hausse.

Pour une politique nationale sur le bruit

La solution passe-t-elle par la politique? En partie du moins : en France et ailleurs dans l’Union européenne, il existe un règlement antibruit qui limite à 100 décibels le niveau sonore des baladeurs au moment de la mise en vente. Au Québec, aucune loi n’encadre l’environnement sonore de façon précise, mais différents groupes de pression commencent à encourager les gens à dénoncer les abus auprès des élus locaux et de leurs députés.

Et d’ici à ce que le législateur s’en mêle officiellement, il est clair que tous les citoyens ont un rôle à jouer en diminuant les sources de bruit sur lesquelles ils peuvent avoir un impact.