Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Amélie Turcot : «J'ai fait 1 000 km pour accoucher avec une sage-femme.»

Émission du 26 janvier 2012

Au Québec, les listes d’attente de femmes désirant accoucher avec une sage-femme ne cessent de s’allonger, que ce soit à l’hôpital, en maison de naissance ou à domicile. Pour mieux comprendre cet engouement, nous avons lancé un appel pour trouver une femme qui accepterait de parler de cette problématique. Nous avons été étonnés du nombre de réponses et de voir jusqu’où ces femmes étaient prêtes à aller afin de pouvoir accoucher avec une sage-femme. Voici l’histoire d’Amélie Turcot.

Une grossesse sur la Côte-Nord

Lors de sa troisième grossesse, Amélie Turcot souhaitait répéter la même expérience qu’avec ses deux premiers enfants : accoucher avec une sage-femme. Alors résidente de Sept-Îles, où elle habitait depuis peu, l’accouchement en milieu hospitalier semblait pourtant incontournable, puisque la maison de naissance la plus proche, à Mont-Joli, était située à 300 kilomètres de là.

Ne reculant devant rien, et bien décidée à mener son projet de l’avant, Amélie a pris la décision de s’inscrire sur la liste d’attente de la maison de naissance de Blainville, lieu de résidence de ses parents, à 1000 kilomètres de chez elle. Et quand elle a appris qu’elle pourrait accoucher non seulement avec une sage-femme, mais à domicile comme elle le souhaitait, elle a relevé les manches et entrepris un suivi mensuel conjoint : un rendez-vous sur deux, elle se rendait en voiture à Blainville pour rencontrer la sage-femme, tandis que les autres rencontres se déroulaient avec sa médecin de famille de Sept-Îles.

Parfois seule, parfois en famille avec son conjoint et ses deux premiers enfants, Amélie consacrait ainsi deux journées entières pour se rendre à ses rendez-vous de suivi avec la sage-femme. Vers le huitième mois, Amélie a plié bagage pour s’installer chez ses parents jusqu’à la fin de sa grossesse, avec ses enfants. Seule ombre au tableau : son conjoint a dû demeurer à Sept-Îles pour des raisons professionnelles, laissant ainsi Amélie dans l’inquiétude de savoir s’il serait à ses côtés à temps pour la naissance du nouveau bébé.

Un accouchement à domicile

Amélie conserve un merveilleux souvenir de son accouchement à la résidence de ses parents : «Le bébé est né en pleine nuit, raconte-t-elle. C’était spécial de faire ça à la maison puisque c’était une première fois pour moi. Mes enfants se sont levés le matin et il y avait un bébé, ce qui n’est pas possible en milieu hospitalier.»

Une quatrième grossesse

Aujourd’hui enceinte de son quatrième enfant, Amélie est bien décidée à récidiver l’expérience d’accouchement à domicile, d’autant plus qu’elle habite maintenant dans la région de Blainville avec son conjoint et ses trois filles. Fini les grandes traversées en voiture!

«Avec une sage-femme, j’apprécie beaucoup le côté humain, explique-t-elle, et le temps qu’elles prennent avec nous pour le suivi. On a le droit de prendre du temps pour s’exprimer, être inquiète, élaborer, s’éduquer… surtout quand c’est une première grossesse.»

Amélie est également d’avis que le service des sages-femmes bénéficie à toute la collectivité, puisqu’il permet de soulager le milieu hospitalier du suivi des grossesses et des naissances non problématiques.

À l’aube de sa quatrième naissance avec une sage-femme, Amélie souhaite que ses filles puissent plus tard, à leur tour, bénéficier d’un tel service si elles le souhaitent : «Quand ma mère est devenue enceinte, c’est un choix qui ne se présentait pas. De mon côté, ça s’est présenté et, pour mes filles, j’aimerais qu’elles puissent avoir la même opportunité quand elles auront des enfants.»