Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Frédérique Collin : "Je m'en suis sortie grâce à l'art-thérapie."

Émission du 16 février 2012

Dans les années 1970, la comédienne Frédérique Collin était promise à une très belle carrière. Elle s’est illustrée dans plusieurs productions théâtrales et a été remarquée par de grands cinéastes, comme Denis Arcand. Plusieurs se souviendront d’elle pour ses rôles dans des films tels que Gina ou Réjeanne Padovani notamment.

De comédienne talentueuse, elle est devenue dépendante à l’alcool, aux drogues et au jeu. Et si elle a survécu toutes ces années, c’est grâce à l’aide qu’elle a pu trouver sur sa route.

D’une dépendance à l’autre

Quand on la voit aujourd’hui, encore belle, intense et vive d’esprit malgré le poids des années et des excès, il est difficile de croire que Frédérique Collin a sombré si longtemps dans l’alcool et la drogue, puis ensuite les jeux, avant de tomber au plus bas. Car c’est carrément à la rue qu’elle s’est retrouvée, sans domicile fixe. Si son sens de la débrouillardise lui a tout de même permis de ne jamais passer une nuit complète sur le pavé ou un banc de parc, elle n’a tout de même eu d’autre choix que de faire appel à des organismes spécialisés dans l’aide aux femmes itinérantes.

Frédérique Collin avait pourtant réussi à mettre un point final à sa dépendance à l’alcool et aux drogues il y a déjà un peu plus de 20 ans. Mais c’est le jeu pathologique qui l’a rattrapée et prise par surprise.

Frédérique Collin sait aujourd’hui que la dépendance au jeu est liée à un trouble obsessif-compulsif. Et si elle comprend maintenant beaucoup mieux les racines émotives qui l’ont guidée vers cette dépendance, elle n’en demeure pas moins encore profondément marquée par cette terrible descente aux enfers. «Je ne m’attendais pas à ça, raconte-t-elle. Ça fait 21 ans que je ne bois pas et que je ne consomme plus. Mais le jeu, c’est encore puissant à l’intérieur de moi.»

La guérison par l’art-thérapie

C’est finalement à la rue des Femmes que Frédérique Collin aura trouvé sa planche de salut, tout spécialement grâce aux ateliers d’art-thérapie qui y sont offerts en plus de l’hébergement et des autres services d’aide à la réinsertion sociale. Et même si elle vit aujourd’hui en appartement, Mme Collin y retourne régulièrement pour peindre, en compagnie d’autres femmes et de l’art-thérapeute qui la guide dans sa démarche artistique. «C’est devenu quelque chose de vital pour moi, la couleur : je peux passer 12 heures chez moi, simplement à mettre de la couleur. Quand je peins, je suis dans le moment présent totalement.»

Inquiète de constater qu’un nombre croissant de femmes se retrouvent à la rue, Frédérique Collin plaide pour une augmentation des ressources octroyées aux femmes itinérantes. «On est tous sur le même bateau, mais on ne sait pas où le bateau s’en va, conclut-elle. Mais il s’en va quelque part, et on risque d’être bien surpris quand il va arriver.»

Informations supplémentaires

Il est difficile d’évaluer le nombre de femmes au Québec qui sont aux prises avec un problème de dépendance. Ce qu’on sait par contre, c’est qu’elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver dans la rue avec des problèmes d’alcool, de drogue ou encore de jeu pathologique. Et ces femmes-là malheureusement font face à un cruel manque de ressources.

Sur le terrain, les intervenants nous disent que les femmes représentent environ 30 % des itinérants et que des endroits comme le Chaînon, doivent souvent refuser des femmes qui leur demandent de l’aide. Et la situation s’aggrave d’année en année.