Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le sexe est-il bon pour la santé?

Émission du 19 octobre 2006

«J’ai une question que certains vont trouver drôle mais je me demandais : Les relations sexuelles; est-ce que c’est vraiment bon pour la santé et si oui, pourquoi?» 

« La recherche concernant la sexualité est peu développée. L’effort de recherche porte essentiellement sur les aspects médicaux : Par exemple le sida et sa prévention, les dysfonctions érectiles, le développement de médicaments (comme le Viagra) ou les agressions sexuelles. Mais tout ce qui constitue l’essence même de la sexualité humaine c’est-à-dire l’amour et l’érotisme, les relations entre partenaires, l’éducation sexuelle, le plaisir érotique, les différents sentiments affectifs de l’état amoureux, et surtout, l’épanouissement, le bien-être et le bonheur sexuel sont des sujets d’études marginaux. » Source : Wikipédia.

Il n’y a pas beaucoup d’études portant sur les bienfaits de la sexualité sur la santé . Nous avons donc consulté deux expertes, Jocelyne Robert, sexologue et Diane Brouillette, sexologue et biologiste pour répondre à cette question. Toutes deux l’affirment :

Oui, le sexe est bon pour la santé autant physique que mentale. D’ailleurs, Jocelyne Robert considère qu’aujourd’hui on devrait considérer la sexualité au même titre que la bonne nourriture, l’air pur, l’exercice physique.

Selon nos expertes, voici quelques bienfaits pour la santé qu’elles prêtent à une sexualité active : soulager l’insomnie, diminuer les crampes menstruelles, augmenter la circulation sanguine. Des bienfaits aussi sur le système cardio-vasculaire. Une vie sexuelle épanouie pourrait même rendre notre système immunitaire plus fort!

Mais pourquoi le sexe est-il bon pour la santé? Que se passe-t-il dans notre corps lorsqu’on fait l’amour et lorsqu’on éprouve un orgasme?

Il se passe beaucoup de choses sur le plan hormonal, en commençant par la testostérone, l’hormone responsable du désir sexuel. Il y a des phases dans la montée du désir sexuel soit : l’excitation, le plateau et l’orgasme. Et à chaque phase, il se produit quelque chose dans l’organisme :

Pendant la phase de la stimulation amoureuse, le corps produit de la dopamine. La dopamine est la molécule du plaisir et apporte ce sentiment d’euphorie qu’on ressent quand on désire quelqu’un. La dopamine a pour effet d’augmenter la circulation du sang dans les organes sexuels et de déclencher une érection ou une lubrification. Au moment de l’orgasme, ce qui est libéré, c’est une hormone qui s’appelle ocytocine. Il s’agit d’une hormone bienfaisante. Cette hormone serait à l’origine du sentiment d’attachement amoureux. Pendant l’orgasme, le corps est submergé d’endorphine, qui est une hormone qui calme et apaise. Les endorphines soulagent la douleur et réduisent l’anxiété. Il s’agit de la même hormone qui se libère dans l’organisme lorsqu’on fait de l’exercice physique. Cette hormone nous prédispose à la détente et au sommeil.

Alors, c’est l’orgasme qui amène les bienfaits pour la santé? Est-ce que ça veut dire que sans orgasme, pas de bienfaits?

Jocelyne Robert évoque l’image du plaisir comme une longue promenade. Au bout, il peut y avoir un orgasme ou non. L’importance, c’est le plaisir qu’on en retire. Et de ce plaisir, un bien-être certain.

Combien de fois par semaine faut-il faire l’amour pour en retirer les bienfaits?

Contrairement à ce qu’on entend, il n’y pas de normes. Ce qui nous satisfait, ce qui nous convient est ce qui est bon pour nous.

Y a-t-il des contre-indications à l’activité sexuelle?


Les personnes à risque de maladies cardiovasculaires ne devraient pas s’empêcher de faire l’amour. Selon Diane Brouillette, même si la tension artérielle augmente pendant les activités sexuelles et atteint un sommet au moment de l’orgasme, ce n’est pas dangereux pour les gens souffrant d’hypertension, à condition que la maladie soit contrôlée. De toute manière, il ne faut pas voir l’activité sexuelle comme une séance d’entraînement. Il n’y a pas d’obligation de performances acrobatiques!

En vieillissant, bien des gens abandonnent les activités sexuelles, parce qu’ils ont des problèmes de santé. Selon Jocelyne Robert, les gens fragiles, comme les handicapés et les personnes âgées ont le droit à une sexualité, car justement leur santé pourrait en bénéficier. Pourtant, son expérience clinique lui démontre que c’est plutôt le regard de la société, imprimé d’un certain dégoût, qui les en empêche. Bien plus que les limites physiques.

Quand on parle des bienfaits de la sexualité, on parle autant de la relation à deux que de l’orgasme obtenu par la masturbation?

Oui, si on parle de l’effet de l’orgasme sur notre corps il sera le même que l’orgasme soit obtenu seul ou à deux. Cela dit, il y a bien sûr une satisfaction à être en rapport avec quelqu’un. Mais le plaisir auto-érotique a aussi ses bienfaits. Il ne faut pas oublier que l’auto-érotisme implique toujours un fantasme sur une autre personne, qu’elle soit imaginaire ou non. En ayant ces fantasmes, on s’empêche de s’isoler sexuellement.

Finalement, quel est le plus grand avantage à une sexualité active?

Se faire du bien, tout simplement.

Nos experts :

Jocelyne Robert est sexologue. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, notamment  Le sexe en mal d’amour, publié aux Éditions de l’Homme.

Diane Brouillette est sexologue et biologiste. En plus de sa pratique clinique, elle enseigne la sexologie à l’Université du Québec à Montréal.

Ressources:

Association des sexologues du Québec
www.associationdessexologues.com